M-Helene

2003


M-Helene - photogramme




Installation vidéo pour sept téléviseurs.
7 montages vidéo de durées variables selon les versions (9 mn 02 pour la première).






M-Helene est conçue comme une galerie de portraits filmiques et picturaux. Elle est déclinée en trois versions qui utilisent les mêmes autoportraits de Helene Schjerfbeck et les mêmes extraits de The Birds, confrontés dans une série de montages. Ces images sont réparties sur sept écrans qui, au cours de la première présentation de M-Helene au musée des Beaux-Arts de Hyvinkää, avaient été enchâssés dans une structure circulaire pouvant accueillir alternativement chacune des trois versions de l’installation.

Les deux premières versions de M-Helene montrent les deux registres d’images sur chacun des sept écrans de la salle. Présentés comme autant de tableaux accrochés à un mur, sept autoportraits offrent dans un premier temps une vision du parcours de Helene Schjerfbeck. Petit à petit, le film d’Alfred Hitchcock s’immisce au sein du dispositif. A travers une série d’effets de substitution entraînant l’image picturale à disparaître au profit des plans hitchcockiens qui les transposent, il apparaît tantôt sous la forme de flashes gagnant en longueur au fur et à mesure que passe le temps (première version), tantôt sous la forme d’extraits de longueur identiques mais imposés de manière de plus en plus fréquente dans les montages (deuxième version). Là où la première version construit un système d’alternance classique, la deuxième retient le procédé du fondu enchaîné.

Dans la troisième version de l’installation, les autoportraits ne sont pas présentés dans les montages. La référence à Helene Schjerfbeck y est travaillée sur un mode plus implicite et fait appel aux souvenirs qu’en a chacun des visiteurs. Sur chacun des écrans de l’espace circulaire, The Birds se déploie sous la forme de photogrammes qui s’animent régulièrement de très légers soubresauts. Comme figé, le film renoue avec ses origines picturales.

Tout en faisant référence à Schjerfbeck, le titre de l’installation appelle phonétiquement Melanie, proche dans sa sonorité du prénom de l’artiste finlandaise. Il expose le processus d’échange que le dispositif crée entre la peintre, telle qu’elle apparaît représentée dans ses autoportraits, et le personnage central de The Birds, Melanie Daniels, qui introduit l’ensemble des extraits filmiques dans les montages. M-Helene témoigne ainsi d’une tension entre deux registres d’images et des basculements identitaires qu’il tend à générer, tiraillement qui permet au visiteur de se placer au plus près de la démarche d’Alfred Hitchcock en matière de transposition des autoportraits et d’adopter une approche analytique de son œuvre. L’initiale du titre ne renvoie pas uniquement à celle du personnage hitchcockien. Elle correspond également à celle du Mouvement du cinématographe et de celui que crée l’installation dans ses effets d’alternance et d’échanges entre les différents écrans (confrontations, reflets, etc). La substitution du registre filmique au registre pictural entraîne un processus d’incarnation et d’animation des autoportraits de Schjerfbeck qui, au même titre qu’il le fait pour le film d’Alfred Hitchcock, déplace la perception que peut en avoir le visiteur. L’installation met ainsi en relief les tensions qui animent chacune des compositions du peintre dans un effet libérateur aux tonalités toutes musicales.

Grâce à ses sept écrans, le dispositif travaille également à un redéploiement de The Birds qui permet au visiteur de prendre conscience de l’effet de structuration qu’y introduisent les différents autoportraits. En invitant les séquences à se répondre mutuellement – et plus particulièrement dans la première version de M-Helene qui utilise des extraits de longueur plus importante –, l’installation acquiert une dimension polyphonique qui permet de mesurer l’incidence de l’art de Schjerfbeck dans le film en agençant de nombreux effets de résonance. M comme Musique.

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